Avis du 10/02/2026 – Conclusion – Synthèse des recommandations
Les données recueillies font apparaître que, si certaines activités peuvent être plus rentables que d’autres, notamment l’exploitation des hypermarchés ou l’activité de certains grossistes-importateurs, le taux de marge qui peut en résulter semble s’inscrire dans des niveaux relativement comparables à ceux dégagés par des activités similaires dans les autres DROM ou dans l’Hexagone.
À l’inverse, certaines activités, notamment l’exploitation des supermarchés, apparaissent moins rentables que dans l’Hexagone.
L’Autorité ne peut que réitérer les constats déjà effectués dans ses précédents avis de 2009 et 2019. Les raisons de la vie chère sont structurelles et multifactorielles : l’éloignement de l’Hexagone, la dépendance aux importations, l’étroitesse et la forte spécialisation de l’économie locale, les disparités des revenus, la fiscalité spécifique ou encore le circuit d’approvisionnement structurellement organisé autour des grossistes- importateurs.
Au vu de l’ensemble de ces éléments, l’Autorité recommande :
− de doter l’OPMR de Martinique de moyens (financiers et humains) propres et nécessaires à son fonctionnement afin qu’il soit en mesure d’accomplir ses missions et d’éclairer utilement les pouvoirs publics (recommandation n° 1) ;
− de garantir une fréquence suffisante des enquêtes spatiales de l’Insee afin de permettre la réalisation de comparaisons temporelles et la réalisation d’analyse permettant de mesurer l’évolution des écarts entre les prix régulés et non régulés (recommandation n° 2) ;
− de développer l’intégration régionale de la Martinique dans la zone Caraïbe (recommandation n°3).
− d’être attentif au projet de création d’un “hub Antilles” pour veiller à ce qu’il ne conduise pas à l’éviction des concurrents réels et/ou potentiels de CMA CGM (recommandation n° 4) ;
− de rendre plus simples, plus prévisibles et plus transparents tant les différents taux d’octroi de mer appliqués à l’entrée des marchandises sur le territoire de la Martinique que les opérateurs assujettis. L’Autorité recommande également de réexaminer les taux d’octroi de mer applicables aux produits importés et de les supprimer s’il n’existe pas l’équivalent dans la production locale (recommandation n° 5) ;
− de privilégier la répercussion des frais de transport sur la valeur des produits importés, plutôt que sur le volume, afin que leur impact soit de moindre importance sur les produits dont le rapport valeur/volume est faible (recommandation n° 6) ;
− de renforcer le contrôle par la DGCCRF du respect de la loi Lurel, notamment lorsque les produits ne sont pas simultanément accessibles via les grossistes-importateurs et les centrales d’achats hexagonales des distributeurs. À cette fin, et pour accélérer le traitement des dossiers, il serait souhaitable de renforcer les pouvoirs de la DGCCRF en élevant ses plafonds de transaction (recommandation n° 7) ;
− de faire participer plus largement les grossistes-importateurs aux négociations et aux mesures de lutte contre la vie chère en Martinique (recommandation n° 8) ; et,
− la mise en place d’un dispositif pérenne, assorti de sanction en cas de non-respect, associant les autorités fournissant des statistiques (notamment l’Insee et l’IEDOM) permettant aux pouvoirs publics (préfets, collectivités territoriales, DGCCRF, OPMR ou autre administration compétente) de disposer, selon une périodicité régulière, des informations relatives aux prix et aux marges des groupes de distribution martiniquais et des grossistes-importateurs. Ces mesures ne pourront être efficaces que si les services concernés disposent des moyens humains et financiers adéquats pour remplir ces missions (recommandation n° 9).
