Grève des transports : Un conflit social qui paralyse le réseau et laisse planer l’incertitude

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Les agents en grève sont soutenus par la CGTM

Depuis le 17 mars, une grève menée par des salariés de la société Transaglo a fortement perturbé le réseau de bus dans le centre de la Martinique. À l’origine du mouvement : l’échec des négociations annuelles obligatoires (NAO), dans un climat déjà tendu autour de l’avenir du secteur.

Dès les premiers jours, le dépôt de l’Étang Z’Abricot, à Fort-de-France, a été bloqué, empêchant la sortie des bus. Une large majorité des salariés s’est mobilisée, entraînant d’importantes perturbations sur plusieurs communes, notamment Le Lamentin et Saint-Joseph. Jusqu’à 70 % des lignes du réseau ont été impactées, compliquant fortement les déplacements des usagers.

Un désaccord persistant sur les salaires

Au cœur du conflit, les revendications salariales. Les grévistes réclament notamment une revalorisation significative des rémunérations, évoquant désormais une hausse pouvant atteindre 300 euros nets mensuels, ainsi qu’un alignement des salaires avec ceux pratiqués dans d’autres entreprises du réseau centre. Ils demandent également une revalorisation de certaines primes, comme celle du dimanche, et une réorganisation des plannings de travail. Les salariés estiment que ces revendications traduisent une réalité partagée par de nombreux travailleurs, dans un contexte de vie chère. En face, la direction juge ces exigences incompatibles avec la situation économique de l’entreprise. Elle met en avant une proposition d’augmentation de 3 %, ainsi que plusieurs primes existantes, tout en évoquant des pertes financières importantes liées à la réduction de certaines lignes.

Des tensions sociales élargies

Au-delà des questions salariales, les grévistes dénoncent aussi un climat social dégradé. Ils évoquent notamment des méthodes de gestion contestées et des tensions liées à des procédures engagées contre certains salariés. De leur côté, ils affirment vouloir défendre leurs droits face à ce qu’ils considèrent comme des pressions. Le mouvement a également suscité des réactions extérieures, certains responsables évoquant une “prise en otage” des usagers, une qualification rejetée par les grévistes, qui défendent la légitimité de leur mobilisation.

Un déblocage partiel et une reprise progressive

Après plusieurs jours de paralysie, la situation a évolué durant le week-end des 21 et 22 mars. Les dépôts de bus du Lareinty et de l’Étang Z’Abricot ont été débloqués, permettant une reprise partielle du trafic pour permettre aux citoyens d’aller voter. La Régie des Transports de Martinique a ainsi annoncé la remise en circulation progressive des lignes A et B du TCSP, avec les premiers bus sortis du dépôt en début de matinée. Si ce déblocage marque un tournant, le mouvement social n’est pas totalement levé. Il a repris le 23/03/2026.

Une situation encore incertaine

Malgré cette reprise progressive, des perturbations persistent sur le réseau. L’issue du conflit reste incertaine, faute d’accord entre les salariés et la direction. Dans l’attente d’un dénouement, les usagers continuent de subir les conséquences de ce bras de fer social, révélateur de tensions durables dans le secteur du transport en Martinique.

                                   

M.C (23/03/2026)