Grève des médecins libéraux : une mobilisation en France, un impact mesuré en Martinique

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Les médecins de Martinique ont suivi le mouvement en France

Les médecins libéraux ont entamé, lundi 5 janvier, une grève en France de dix jours pour protester contre le projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2026. Très suivie en France, avec des fermetures de cabinets et un ralentissement de certaines activités hospitalières, la mobilisation apparaît plus contrastée en Martinique, où la pénurie médicale limite l’ampleur du mouvement.

À l’échelle de la France, les syndicats médicaux appellent à la fermeture des cabinets, au report massif des consultations et à la suspension de l’alimentation du dossier médical partagé. En Martinique, le président du syndicat des médecins, le docteur Louis-Léonce Lecurieux-Lafferonay indique que ces consignes sont relayées localement. Dans une interview donnée à Martinique La 1ère il souligne également une mesure symbolique forte : les médecins de plus de 60 ans sont invités à déclarer leur intention de cesser leur activité dans les six mois, afin d’alerter les autorités sur la fragilité du système de soins.

Les praticiens dénoncent un budget jugé trop contraignant, qui, selon eux, accentue la pression administrative et financière sur la médecine de ville, au détriment de la qualité des soins et de la liberté d’exercice.

Une mobilisation limitée par la pénurie médicale

Sur l’île, la grève reste toutefois modérément suivie. À la clinique Saint-Paul, l’activité est partiellement impactée mais les blocs opératoires continuent de fonctionner. En revanche, certaines structures de consultations sans rendez-vous, comme le dispositif Kay Doktè, sont affectées. Le docteur Étienne Briand, secrétaire général de l’Union régionale des médecins libéraux de Martinique, explique que la démographie médicale très dégradée rend difficile un arrêt massif de l’activité. Les délais d’attente, parfois de plusieurs mois, placent les médecins dans une situation de tension permanente. Il indique néanmoins que la profession soutient largement les revendications portées en France, notamment face à une logique de plus en plus comptable qui, selon eux, menace la relation médecin-patient et la qualité de la prise en charge.

Des inquiétudes sur l’avenir des soins

Au-delà du mouvement de grève, les médecins s’interrogent sur les conséquences concrètes du budget 2026.

Ils redoutent une standardisation des prescriptions, une limitation accrue des arrêts de travail et une remise en cause de l’indépendance médicale. Autant de points qui nourrissent un bras de fer avec l’État, dont les effets pourraient se faire sentir bien au-delà de la période de mobilisation. La question des déserts médicaux reste sans solution.

               

M.C