Après une semaine de mobilisations et de barrages, la municipalité, la CTM et surtout l’Etat français ont trouvé un accord avec le collectif anti-sargasse du Robert.

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Les barrages ont été le moyen de lutte du comité citoyen

Lundi 5 janvier, un collectif d’un trentaine de riverains décide de bloquer les accès à la commune du Robert dès 4h30 du matin. Impossible d’entrer ou de quitter la ville du Nord Atlantique.

Depuis plusieurs jours, le Robert est victime d’échouement d’algues sargasses malgré la bonne volonté des agents de la commune.

Après une réunion concernant la gestion des sargasses, les membres du collectif de citoyens disent n’avoir pas ressenti une véritable écoute et avoir l’impression que rien n’est fait pour ralentir ce phénomène.

Selon eux, il y a un décalage entre les annonces faites lors des réunions et la réalité.

La municipalité robertine a annoncé la perturbation de nombreux services dont la restauration scolaire, la garderie, la crèche, le fonctionnement des écoles  et le portage de repas.

Mardi 6 janvier, les manifestants ont installé des dispositifs filtrants en attente d’une réunion avec les différents acteurs politiques du territoire.

Le collectif durcit la mobilisation

La Collectivité Territoriale de Martinique (CTM) annonce la tenue d’une réunion de travail sur les échouements de sargasses au Robert. Une réunion est prévue le jeudi 8 janvier “consacrée à la situation des échouements massifs de sargasses sur le littoral de la commune du Robert, à laquelle ont été conviés le Préfet de Martinique, CAP Nord, le Maire du Robert, le GIP Sargasses ainsi que les représentants du collectif de riverains”.

Mais le collectif décide de décliner cette invitation et exige que ce soient les élus qui se déplacent sur la commune du Robert.

Sans le collectif, les différents acteurs impliqués dans la gestion des algues sargasses se sont réunis le jeudi 8 janvier au siège de la CTM.

Le préfet de Martinique Étienne Desplanques a réagi après la réunion : “Nous avons donc étudié les différents aspects, de la collecte jusqu’au barrage. Comment est-ce que l’on peut donner un coup de booster dans les semaines qui viennent, mais avec des propositions qui seront aussi réalistes, compte tenu des moyens qui sont engagés, qui sont parfois des moyens lourds, qui sont des moyens humains, des moyens matériels ? Nous avons expertisé ce matin des différentes options et nous serons en mesure de formuler demain des propositions pour véritablement répondre à l’attente avec des choses qui sont à la fois très concrètes, très opérationnelles, très réalistes aussi.”

Finalement, une réunion s’est tenue à la mairie du Robert.

Le protocole a été signé le vendredi 9 janvier entre le collectif anti-sargasses, l’Etat, la CTM, le GIP-Sargasses, la ville du Robert et CAP Nord.

Trois grands axes opérationnels retiennent  d’abord l’attention dans ce document. Les institution (Etat, CTM, GIP Sargasses, municipalité du Robert et CAP Nord) se sont engagés à :

– Accélérer la pose des barrages anti-sargasses en mobilisant du personnel supplémentaire. Trois barrages supplémentaires seront posés pour protéger des quartiers de la commune.

– La collecte en sera relancée avec l’aide de quatre personnels supplémentaires via un chantier d’insertion.

– La collecte sur terre sera quant à elle élargie avec le recours à un prestataire pour certains quartiers en plus des moyens municipaux déjà déployés.

La CTM, le rectorat et la commune se sont engagés à revenir vers la population pour présenter un plan global d’action d’ici le mois de février sur le volet des établissements scolaires. Il s’agit d’assurer la sécurité sanitaire des élèves de la commune exposés aux émanations des sargasses.

La CTM s’est par ailleurs engagée à saisir les parlementaires de Martinique pour travailler sur trois axes législatifs :

– La suspension ou la réduction de la taxe foncière pour les citoyens concernés.

– La reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle.

– La mise en place d’indemnisation pour le matériel électroménager dégradé et le respect des garanties assurantielles.

2025 a été une année record en échouement de sargasses

Selon Météo-France, l’année 2025 restera marquée par une intensité exceptionnelle des échouements de sargasses. Les algues brunes, dont la décomposition génère des gaz nocifs pour l’environnement et la santé, ont fortement impacté plusieurs communes martiniquaises.

Le directeur du GIP Sargasse, estime que les volumes récoltés atteignent 4 500 tonnes pour la seule période avril-juin 2025, contre 1 500 tonnes sur la même période en 2024.

Ces arrivages observés au Nord-Caraïbes fin avril, seraient dû à des conditions de courant et de vent favorables à l’échouement des radeaux déjà présents dans la mer des Caraïbes. 

Le début de la saison 2026 pourrait être à la fois précoce et intense.

J-P M