Air Antilles : plusieurs offres de reprise examinées par le tribunal

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Air Antilles et ses 117 salariés sont dans l'attente d'un repreneur

Placée en redressement judiciaire le 2 février, la compagnie aérienne Air Antilles poursuit sa quête d’un repreneur. Après la clôture de l’appel à candidatures fixée au 16 février, les offres ont été examinées le 19 février par le Tribunal mixte de commerce de Pointe-à-Pitre. Les juges ont annoncé qu’ils rendront leur décision le 5 mars, laissant aux investisseurs un délai supplémentaire pour apporter les garanties financières exigées et sécuriser l’avenir des 117 salariés ainsi que la continuité des liaisons inter-îles.

Plusieurs candidats s’étaient manifestés avant la date limite du 16 février. Parmi eux, un projet porté par un groupement d’investisseurs conduit par l’entrepreneur guadeloupéen Pierre Sainte-Luce, à la tête du groupe Manoukiani. Cette proposition apparaît aujourd’hui comme la plus structurée.

Mais les exigences sont élevées. Devant l’administrateur judiciaire, la direction actuelle et les représentants institutionnels, la Direction générale de l’aviation civile a rappelé que la priorité reste la solidité opérationnelle et financière du futur repreneur. L’autorité de régulation attend des engagements concrets, notamment un adossement à un partenaire expérimenté capable d’assurer la pérennité des liaisons inter-îles.

Dans ce contexte, le nom de Sunrise Airways circule comme partenaire potentiel. La compagnie, déjà implantée dans la région, pourrait apporter son expertise technique et son assise financière au projet.

Une offre prometteuse, mais un calendrier serré

Selon les représentants du personnel, une seule offre formelle serait actuellement sur la table, celle menée par Pierre Sainte-Luce. Les salariés ont été informés des contours du plan de reprise récemment. Si l’arrivée d’acteurs reconnus du secteur aérien est perçue comme un signal encourageant, des interrogations subsistent sur la capacité à finaliser le montage financier dans les délais impartis.

La compagnie, qui emploie 117 salariés et exploite habituellement des liaisons entre la Martinique, la Guadeloupe et les îles du Nord, reste fragilisée par la suspension de son activité ces derniers mois et par l’expiration de sa licence d’exploitation.

Un enjeu majeur pour le transport régional

Au-delà du sort des emplois, l’issue de cette procédure revêt une dimension stratégique pour le transport aérien dans les Antilles. Air Antilles occupe une place centrale dans la desserte régionale, dans un marché où l’offre demeure limitée.

Le 5 mars, le tribunal devra trancher : valider un plan de relance permettant à la compagnie de reprendre son envol, ou constater l’échec de la reprise. D’ici là, les investisseurs doivent convaincre qu’ils disposent des moyens nécessaires pour assurer durablement l’avenir de la compagnie et la continuité des liaisons inter-îles.

M.C