Assemblée générale de la CGTM Santé : Entre bilans et combats à venir

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Au cours de la réunion plusieurs intervenants ont pris la parole, de la gauche vers la droite, Rudy Hierso représentant BTP CGTM Patrick Celot agent à la Saur, Marcel Rose-Adelaïde SG adjoint, Sandra Khalifa secrétaire de section EFS, Magali Zamor et Mme Rama jeune militante CGTM

La CGTM Santé a tenu son assemblée générale annuelle de bilans et d’orientations les 29 et 30 janvier 2026, à la salle du CGOSH à Pointe Faula, au Vauclin. Dans un contexte marqué par les tensions internationales, la crise du service public hospitalier et la dégradation des conditions de travail, le syndicat a dressé le bilan de ses actions menées en 2025 et a défini ses priorités pour l’année 2026.

Cette assemblée a réuni des militants, des représentants syndicaux, ainsi que des homologues venus de Guadeloupe, de Guyane et de France. Les travaux ont été consacrés à l’analyse des luttes de l’année écoulée, aux débats sur les revendications et à l’adoption de résolutions pour renforcer l’action syndicale.

La CGTM Santé a rappelé que l’assemblée générale s’est tenue dans un contexte difficile pour les agents hospitaliers et médico-sociaux. Effectifs insuffisants, surcharge de travail, réorganisations imposées et manque de reconnaissance ont été au cœur des échanges. Le syndicat a souligné la nécessité de renforcer le rapport de force afin de défendre les acquis sociaux et d’obtenir des avancées sur les salaires, les conditions de travail et les moyens alloués aux services publics.

Un bilan 2025 marqué par de nombreuses luttes

Lors de son intervention, la secrétaire générale de la CGTM Santé, Magalie Zamor, est revenue sur une année 2025 particulièrement chargée en mobilisations. Elle a expliqué que le syndicat avait été fortement sollicité, notamment dans le secteur privé, sur des dossiers liés aux conditions de travail et au non-respect des droits des salariés : “Nous avons eu de nombreuses luttes qui portaient essentiellement sur les conditions de travail et les attaques contre les acquis des salariés, notamment sur leur rémunération. Nous avons eu récemment un combat à Hygident, mais aussi chez Floréa”, a-t-elle déclaré.

La responsable syndicale a également alerté sur la multiplication des situations de salaires versés en retard ou partiellement, une tendance qu’elle a qualifiée de préoccupante : “De plus en plus, nous sommes confrontés à des entreprises qui avancent des difficultés financières, des problèmes de subventions ou de chiffre d’affaires pour justifier des paiements tardifs ou incomplets. Ce sont des situations que nous retrouvons de plus en plus souvent aujourd’hui”, a-t-elle ajouté.

Un agent d’un établissement du secteur médico-social, suivi par la CGTM Santé, a témoigné d’une situation récente ayant conduit à un versement partiel des salaires pour le mois de janvier 2026. Selon cet agent, les salariés n’avaient perçu qu’une partie de leur rémunération, en raison d’un changement de comptable : “Nous avons eu un virement partiel du salaire pour le mois de janvier. Environ 84 à 85 % seulement ont été versés. On nous a expliqué que cela venait d’un changement de comptables et de retards dans la transmission des données. Mais pour nous, c’est inacceptable”, a-t-il expliqué.

L’agent a insisté sur l’impact direct de cette situation sur les salariés : “Même s’il y a des changements internes dans l’entreprise, il doit y avoir une méthode. On ne peut pas jouer avec le salaire des gens. Le bien-être des salariés passe aussi, et surtout, par le respect du paiement intégral et à temps des salaires.

Ces situations ont illustré, selon la CGTM Santé, la fragilisation croissante de certains salariés et de leurs droits.

La question de l’eau en Martinique : l’intervention de la SAUR au cœur des échanges

Parmi les temps forts de l’assemblée, l’intervention d’un représentant de la SAUR,  Patrick Celot, agent et représentant syndical CGTM, a permis d’aborder les problématiques liées à l’eau en Martinique. La CGTM Santé a expliqué avoir souhaité intégrer ce sujet à l’assemblée en raison de son lien direct avec la cherté de la vie. Des inquiétudes ont été exprimées concernant des factures très élevées, parfois de plusieurs dizaines de milliers d’euros, qui auraient concerné de nombreux abonnés. Pour le syndicat, il était essentiel que les adhérents disposent d’informations claires sur la distribution de l’eau, la facturation et les responsabilités des acteurs concernés. Par ailleurs l’assemblée générale a également été l’occasion de rappeler les luttes menées par la CGTM, notamment lors de la longue grève à la SAUR qui a duré plusieurs mois.

Résolutions et perspectives pour 2026

Lors de la deuxième journée, les délégués ont adopté les rapports et les résolutions, puis procédé à l’élection du Comité Santé et de la Commission de contrôle financier. Les priorités affichées pour 2026 ont porté sur l’augmentation des salaires, la défense des retraites, le renforcement des services publics et la lutte contre la vie chère.

Un intérêt croissant des jeunes pour l’action syndicale

Magalie Zamor a souligné l’évolution du profil des adhérents, avec une implication croissante de jeunes salariés. Selon elle, de plus en plus de jeunes ont découvert l’action syndicale à travers les conflits liés au pouvoir d’achat et aux conditions de vie. Elle a indiqué que beaucoup d’entre eux avaient exprimé leur volonté de s’impliquer davantage, convaincus que l’action collective permettait d’obtenir des résultats concrets. Un signal encourageant pour la CGTM Santé qui entend s’appuyer sur cette nouvelle génération pour renforcer ses mobilisations à venir.

M.C