Attaque des États-Unis envers le Venezuela : Le monde politique martiniquais réagit

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Suite à la scandaleuse attaque des Etats-Unis de Donald Trump contre le Venezuela, ainsi que l’enlèvement de son président Nicolas Maduro le 3 janvier, plusieurs partis politiques, hommes politiques, parlementaires et syndicalistes martiniquais ont réagi. Ils dénoncent tous le caractère impérialiste de cette agression militaire illégale.

 Le Président du Conseil Exécutif de la CTM, Serge Letchimy, a réagi dans un communiqué de presse : « Le phénomène transnational de narcotrafic alimente la criminalité organisée, fragilise les sociétés et constitue une menace directe pour la sécurité des populations de la Caraïbe et des Amériques […]

Pour autant, cette lutte indispensable ne saurait être instrumentalisée pour justifier des stratégies de confrontation militaire unilatérales dont les effets déstabilisateurs risquent d’aggraver les crises existantes, de fragiliser davantage les équilibres régionaux et d’exposer les populations civiles à des violences accrues. […] La Martinique, pays d’outre-mer situé au cœur de l’espace caribéen est directement concernée par toute situation susceptible d’affecter la stabilité de la région. Sans se substituer à la position diplomatique de l’État français, le Président du Conseil Exécutif exprime sa vigilance face aux risques d’escalade dont les répercussions humaines, économiques et sécuritaires pourraient concerner l’ensemble de l’environnement caribéen. Il appelle donc à la maîtrise des tensions et à la désescalade, à la protection des populations civiles et à la mobilisation prioritaire des cadres diplomatiques et multilatéraux, garants d’une stabilité durable. »

Par contre, le président de la République Française, Emmanuel Macron, a jubilé après l’agression américaine, sur les réseaux sociaux : « Le peuple vénézuélien est aujourd’hui débarrassé de la dictature de Nicolás Maduro et ne peut que s’en réjouir. En confisquant le pouvoir et en piétinant les libertés fondamentales, Nicolás Maduro a porté une atteinte grave à la dignité de son propre peuple(…) ».

Le Mouvement Indépendantiste Martinique (MIM) appelle à la solidarité avec le peuple vénézuélien : « Une agression odieuse, inadmissible et inacceptable qui constitue une véritable atteinte à la souveraineté du peuple Vénézuélien et en violation flagrante de leurs droits fondamentaux et de leur dignité.
Nous exprimons notre pleine solidarité aux vénézuélienne et vénézuéliens qui depuis plusieurs semaines subissent a agressions du gouvernement Américain avec le silence complice de certains Etats.
Le Mouvement Indépendantiste Martiniquais en appelle au droit International et au principe d’autodétermination des peuples afin que la paix et la stabilité reviennent dans la Région et dans le reste du monde.
Nous sommes à 450Km du VENEZUELA, en pays colonisé, nous ne pouvons pas rester insensibles à de tels actes de barbarie.
Nous appelons tous les Martiniquais à manifester leur solidarité au peuple Vénézuélien. »

Le groupe politique Péyi’a co-présidé par les deux parlementaires Jean-Philippe Nilor et Marcellin Nadeau, dénonce également : «  Ce crime politique, constitutif d’une agression internationale, viole gravement la souveraineté d’un Etat et foule aux pieds le droit international.
Il n’est pas sans rappeler les pires heures de la doctrine Monroe, lorsque, au nom d’une prétendue sécurité hémisphérique, les États-Unis ont multiplié ingérences et invasions : Grenade (1983), Panama (1989), République Dominicaine (1965), Haiti a plusieurs reprises, sans oublier les tentatives de déstabilisation permanentes à Cuba, au Nicaragua et au Venezuela lui-même.
En capturant un chef d’État en exercice, les Etats-Unis réactivent une logique impériale brutale, où la force se substitue au suffrage universel et où la démocratie devient un instrument à usage sélectif.
Pour la Caraibe, cette agression constitue une alerte stratégique majeure.
Elle confirme que notre région demeure exposée à des pratiques de domination que l’on croyait révolues. »

La Martinique Ensemble de Catherine Conconne s’offusque également du comportement de Donald Trump : « Si, en tant que démocrates, nous pouvons et devons porter un regard critique sur la lente dérive autoritaire du gouvernement de Nicolas Maduro et sur la crise politique qui secoue ce pays voisin, ces considérations ne sauraient en aucun cas justifier l’injustifiable.
Au nom de quel droit les États-Unis s’arrogent-ils, une fois de plus, le rôle de « gendarmes du monde » ?
Nous dénonçons avec la plus grande fermeté cette intrusion brutale. Cet acte de guerre unilatéral bafoue les règles les plus élémentaires du droit international, viole la Charte des Nations Unies et piétine le principe sacré de souveraineté des nations. L’histoire nous a trop souvent montré que les ingérences militaires extérieures, loin de résoudre les crises démocratiques, ne font qu’ajouter du chaos au chaos, au mépris des populations civiles.
Les États-Unis doivent être impérativement et rapidement rappelés à l’ordre par la communauté internationale. »

De son côté, le groupe de l’Assemblée Nationale de la Gauche Démocrate et Républicaine (GDR) a exprimé ses craintes face à la situation : « Cette tentative de prise de possession s’est construite depuis des mois dans le silence complice de l’occident.
C’est toute l’Amérique du Sud et la Caraïbe, dont font partie les territoires et collectivités dites d’outre-mer, qui sont aujourd’hui déstabilisées.
L’objectif de cette attaque n’est autre que de s’emparer des ressources stratégiques du Venezuela, pétrolifères et minérales. Il s’agit ni plus ni moins d’une guerre capitaliste, impérialiste et coloniale que notre groupe dénonce avec vigueur comme un crime, […] Nous exhortons le gouvernement français, les pays latino-américains et les États européens à défendre leurs valeurs démocratiques en apportant une réponse ferme à cette attaque et en convoquant d’urgence le conseil de sécurité de l’ONU. Nous nous inquiétons en effet de ce que cet acte insensé soit les prémices à d’autres dans le monde. »

Précisons qu’au sein de GDR, on retrouve Marcellin Nadeau (Martinique), Jean-Victor Castor, Davy  Rimane (Guyane), Karine Lebon, Emeline K/Bidi, Frédéric Maillot (Réunion), Emmanuel Tjibaou (Nouvelle-Calédonie) et Mereana Reid Arbelot (Polynésie).

Le Groupe Socialistes et Apparentés a déclaré que « Aucun État ne peut se substituer aux instances internationales légitimes ni imposer sa volonté politique par la force.
Nous avons toujours dénoncé le régime de Nicolás Maduro mais ces pratiques unilatérales, qu’elles soient politiques, judiciaires, militaires ou coercitives, affaiblissent l’ordre international fondé sur le droit et compromettent durablement la stabilité régionale.
Notre attachement au droit international va de pair avec une exigence constante : celle du respect de la démocratie, des élections libres et de leurs résultats, des libertés publiques et des droits humains pour le peuple vénézuélien. Ces principes ne sauraient être défendus par la force ou par des actions illégitimes, mais uniquement par des voies politiques, démocratiques et multilatérales. »
Dans ce groupe, nous retrouvons Béatrice Bellay et Jiovanny William (Martinique).

Pour sa part , sous la signature de Francis Carole, « Le PALIMA dénonce avec la plus grande fermeté l’agression militaire perpétrée, dans la nuit du 2 au 3 janvier, par les Etats-Unis contre le Venezuela, au mépris des principes élémentaires du droit international et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

La brutalité de l’attaque et le kidnapping du président du Vénézuéla et de son épouse rappellent les pires moments de l’histoire coloniale et de l’expansionnisme suprémaciste yankee en Amérique du Sud et dans notre Caraïbe(…).Nous notons qu’à la rare exception de l’Espagne qui se démarque du comportement de voyou de Trump, les dites « démocraties » européennes-qui se posent hypocritement en chantres du droit international-se sont une fois de plus disqualifiées en soutenant l’opération de piraterie de Trump et de sa clique.

Le président français, Emmanuel Macron, va jusqu’à se « réjouir » bruyamment de cet attentat terroriste contre un État souverain qui n’est pas en guerre contre les Etats-Unis. »

Dans le monde syndical, Combat Ouvrier Martinique et Guadeloupe ont publié un communiqué commun : « Le prétexte ? Maduro serait à la tête d’un puissant réseau de drogue ! Ce qui n’est absolument pas prouvé.

Les vraies raisons : mettre au pas un régime, ami de Cuba, qui ne se soumet pas aux diktats de l’impérialisme nord américain. Et surtout tenter d’avoir la main sur les immenses réserves de pétrole vénézuélien, les plus grandes du monde. Voila les vraies raisons de cette intervention militaire américaine sur terre après avoir bombardé plusieurs bateaux qui transportaient soi-disant de la drogue. Ce qui n’est pas prouvé. Plus d’une centaine de personnes ont été tuées lors de ces

bombardements. »

Enfin, le Syndicat Enseignant UNSA dirigé par Carl Toussaint condamne : «  Au-delà de ses justifications officielles, cette agression marque le retour assumé de la «pax americana», fondée sur la loi du plus fort, l’ingérence et la domination politique, économique et militaire. Elle s’inscrit dans une logique de néo-colonialisme états-unien, particulièrement préoccupante pour les peuples de la Caraïbe et de l’Amérique du Sud, historiquement marqués par les violences impérialistes et les spoliations de souveraineté.

Le SE-UNSA Martinique souligne que le Venezuela occupe une place stratégique majeure en raison de l’importance de ses ressources énergétiques. »

Les voix martiniquaises sont unanimes pour condamner cette agression américaine.

J-PM