Les attentes de Marcellin Nadeau pour 2026 : “La santé, l’énergie, le bonheur, la paix à tous les Martiniquaises et Martiniquais”

0
16
Le député du Nord Marcellin Nadeau

“Il y a la question de la violence qui nous préoccupe. Il faut que l’État français arrête de faire des effets d’annonce dans les gouvernements successifs. Et qu’il nous donne les moyens en matière de radars côtiers et de surveillance du territoire. La police qu’il faudrait ce n’est pas la police qu’il nous donne. Lorsque l’État renforce les forces de police, avec notamment la police nationale, c’est toujours dans l’optique de réprimer le mouvement social, qui le criminalise. Il faut plus de moyen pour la prévention, la douane et la police de proximité, car c’est ça qui fera la différence. La police de proximité, c’est aussi l’intervention d’autres acteurs.  L’État français a toujours voulu protéger le marché européen par rapport à la drogue.

Nous pensons aussi que la question de la violence sera réglée que si on change le modèle économique et social. Le chômage et l’extrême pauvreté ne peuvent qu’engendrer une exposition des jeunes notamment à toutes les sollicitations.

Vie chère : Pour une loi antitrust

Il y a la question de la vie chère où il y a un projet de loi qui viendra en débat. Nous connaissons les limites du texte du gouvernement français, qui ne veut pas trop déranger les lobbys, les monopoles… Nous avons la ferme intention de présenter un projet de loi antitrust. Quand on sait que GBH c’est 57 millions d’aides publiques sur 257 millions de bénéfices. Nous voyons qui sont les vrais assistés et où se situe le véritable assistanat. Le combat pour la justice fiscale doit être mené.

Il y a également la cause écologique car le basculement climatique est déjà une réalité pour nous, lorsqu’on voit l’intensité des cyclones. Nous avons joué d’une certaine chance, mais il faut se prémunir en poussant l’État français à mettre en œuvre des politiques d’adaptation au changement climatique.

Il y a aussi le recul du trait de côte, c’est un combat que je mène avec détermination pour le Prêcheur, mais aussi Basse-Pointe. Toutes les communes côtières de Martinique sont concernées.

Il y a l’agriculture, la souveraineté alimentaire, le fait de soutenir les petits paysans de la Martinique. Le secteur de la pêche, les questions d’égalité, de la cause des femmes, la question des migrations. Les frères de la Caraïbe doivent avoir un traitement humain, digne et juste. Pas question de céder aux sirènes de la xénophobie.

Accroître la responsabilité martiniquaise

Nous sommes entrés dans un processus de négociations avec le gouvernement français, pour voir comment on peut accroître la responsabilité martiniquaise. Il s’agit d’avoir des leviers pour justement mener les politiques nécessaires dans l’intérêt des Martiniquais.

Il ne faut pas confondre compétence et pouvoir normatif : Par exemple dans le transport, le pouvoir normatif peut modifier la règle du jeu lorsqu’elle est faite au détriment des Martiniquais. Il est inadmissible que nos pays dits d’outre-mer, fassent l’objet d’ordonnance. Quand on voit bien les lois françaises, il y a le dispositif global de la loi, et il y a toujours un volet qui est traité par ordonnance. C’est-à-dire, que ce sont les technocrates français qui décident à notre place.  Ce n’est pas en 2026 que nous aurons le régime que nous souhaitons, il faut que nous posions les jalons et j’espère que 2026 sera porteur en la matière.

Je souhaite vraiment la santé, l’énergie, le bonheur, la paix à tous les Martiniquaises et Martiniquais”.

Propos recueillis par Jean-Philipp MERT