Revue de Presse – Le groupe GBH intéresse « Le Monde »

0
17
Les leaders du groupe GBH

L’ouverture d’une information judiciaire contre le groupe Bernard Hayot (GBH) a été l’occasion pour une partie de la presse en France de s’intéresser à ce conglomérat capitaliste.

C’est le cas du grand quotidien  “Le Monde” qui consacre à cette affaire un important article signé Laura Motet dans son édition du 24/12/2025. 

Après avoir présenté la dimension économique du groupe GBH, le journal explique l’origine de la saisine du Parquet national financier qui a désigné deux juges d’instruction pour instruire l’information judiciaire :

“Mais les révélations de Libération, jeudi 18 décembre, sur l’ouverture d’une information judiciaire visant le groupe pour « entente”, “abus de position dominante” et “escroquerie en bande organisée” le 29 août, à la demande du Parquet national financier, ont relancé les critiques. Désormais, l’enquête est entre les mains de deux juges d’instruction.

Cette procédure fait suite au dépôt d’une plainte par la CGT de Guadeloupe et le Mouvement international pour les réparations (MIR), que Le Monde a pu consulter. “La vie chère en outre-mer est structurelle, héritée du système colonial esclavagiste. Les grands distributeurs, souvent descendants d’anciens esclavagistes, étouffent la production locale et inondent les territoires de produits de piètre qualité. Notre plainte dénonce un système anachronique mais persistant, à l’image du Code noir jamais encore abrogé, affirment leurs avocats, Gladys Démocrite et Antoine Le Scolan. Déposée en juin 2024 au PNF [Parquet national financier], elle n’a donné lieu à aucune enquête avant notre constitution de partie civile en avril 2025, qui a déclenché un réquisitoire introductif. Nous attendons donc la réponse d’une justice indépendante, en dépit de la récente décoration décernée par l’exécutif à Bernard Hayot, principal acteur de l’économie et de la vie chère ultramarine, pour ses bons et loyaux services. » Le 15 mai, Emmanuel Macron élevait le chef d’entreprise au rang de grand officier de la légion d’honneur lors d’une cérémonie à l’Elysée”. Fin de citation.

Le Monde précise néanmoins : “Auprès du Monde, GBH dit considérer « ces allégations (…) infondées, tant sur le plan factuel que juridique. [Le groupe] coopérera pleinement avec les autorités judiciaires afin que celles-ci puissent apprécier les faits de manière objective”.”.

L’article cite l’enquête du journal Libération de janvier 2025 : “Outre cette plainte, la justice pourrait trouver, dans une enquête publiée par Libération en janvier, d’autres pistes concernant cette fois la branche automobile du groupe. Selon un lanceur d’alerte, le groupe est en  “position hégémonique” aux Antilles, réalisant sur chaque vente de véhicule « une marge nette comprise entre 18 % et 28 %, soit trois à quatre fois celles pratiquées en métropole”. Une enquête que le groupe conteste”.

De même il est mentionné les démêlés de GBH avec Transparency International : “Un autre front s’est ouvert en 2025 sur les relations entretenues par GBH avec le pouvoir. En février, après un signalement de Transparency International, la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) a ouvert une instruction afin de déterminer si le groupe respectait ses obligations en matière de lobbying. Les rencontres avec les décideurs publics sont légales, mais depuis 2017, au-delà de dix initiatives, elles doivent être déclarées. Or aucune ne l’a été par GBH, qui affirme qu’« historiquement, [ces échanges] ont toujours été menés par des organisations professionnelles (…) dans lesquelles GBH est représenté”.”.

Le Monde relate la réaction du groupe GBH à ces accusations : “Jusqu’ici habituée au silence, la firme, aidée par une agence de communication de crise dont elle a renforcé les contrats début 2025, contre-attaque désormais. Une plainte pour diffamation a été déposée contre Libération. GBH a également visé dans un communiqué Transparency International, remettant en cause son indépendance, au motif que son délégué général avait été membre du cabinet du ministre des outre-mer entre 2016 et 2017”.

Le quotidien poursuit : “Christophe Girardier, l’un des experts entendus par la commission d’enquête, s’est également vu nommément attaqué en juin dans un communiqué – “La vie chère est un sujet sérieux qui ne doit pas être utilisé (…) pour se faire une notoriété” –, annonçant un dépôt de plainte. Six mois plus tard, le greffe du tribunal de Paris n’en avait pas trace. Au Monde, l’avocat de Christophe Girardier, Baptiste Cuny, annonce que son client demandera “la réparation [du] préjudice subi ». GBH, de son côté, confirme le dépôt de sa plainte”.

Prudent le journal conclut : “De quoi nourrir peut-être, encore, les procédures judiciaires du groupe”.

Il est souhaitable que les investigations du Parquet national financier devront aider l’opinion martiniquaise à mieux comprendre les arcanes de la grande distribution en Martinique et dans les Pays dits d’outre-mer. Jusqu’ici l’Etat français a brillé par sa carence sur la question des conditions de la formation des prix et du niveau réel des marges.

M.B