Plusieurs éleveurs de la coopérative agricole Madivial se sont mobilisés samedi 20 décembre à Ducos pour demander le maintien du silo à grains implanté sur la commune. Selon eux, cette infrastructure constitue un outil essentiel pour la filière élevage martiniquaise, tant pour le stockage des aliments que pour la qualité et la traçabilité des produits destinés aux animaux.
Dans une interview réalisée par nos confrères de RCI le 22 décembre, Jean-Michel Villeneuve, agriculteur et éleveur à Madivial, a rappelé que le silo permettrait aux éleveurs de sécuriser leurs approvisionnements. Il indique également qu’un nouveau permis de construire a été déposé à la demande des services de l’État, après plusieurs décisions de justice défavorables. Les éleveurs concernés affirment leur volonté de poursuivre leurs démarches afin de préserver cet outil de travail, qu’ils jugent indispensable à l’organisation de la profession.
Selon les membres de la coopérative, le silo ne sert qu’au stockage d’aliments pour bétail et a permis de diversifier les sources d’approvisionnement, notamment en aliments non OGM. Ils soulignent également que cette installation a réduit leur dépendance à un fournisseur unique, dans un contexte où l’alimentation animale représente une part importante des coûts de production.
Un projet contesté dès son origine
Le projet de silo à grains, porté par Madivial et la société Agri’Prod, a vu le jour à partir de 2017. Il a rapidement suscité l’opposition d’associations environnementales, dont l’Assaupamar, qui ont contesté la légalité du permis de construire et l’implantation du bâtiment en zone agricole.
Une longue procédure judiciaire s’est engagée. Les juridictions ont estimé que la construction avait été réalisée sans permis conforme et dans une zone ne permettant pas ce type d’usage. En décembre 2022, la cour d’appel de Fort-de-France a condamné Madivial et Agri’Prod et ordonné la démolition du silo, une décision confirmée par la Cour de cassation.
La position de l’Assaupamar
L’Assaupamar, partie civile dans ce dossier, rappelle que les décisions de justice imposent la remise en état du site. Pour l’association, les juridictions ont clairement établi l’illégalité de la construction et l’incompatibilité du projet avec le Plan local d’urbanisme en vigueur au moment des faits. Dans ses récentes communications, l’association élargit le débat à l’aménagement du territoire à Ducos, évoquant d’autres usages observés en zone agricole ou naturelle. Elle souligne notamment le contraste entre certaines activités commerciales tolérées dans ces secteurs et la disparition, selon elle, d’activités agricoles antérieures. L’Assaupamar estime que cette situation illustre un manque de cohérence dans l’application des règles d’urbanisme et appelle à une application uniforme de la loi.
Une affaire toujours sensible
Alors que les éleveurs de Madivial annoncent vouloir poursuivre leur mobilisation pour défendre ce qu’ils considèrent comme un outil structurant pour la filière élevage, l’Assaupamar affirme rester vigilante quant à l’exécution des décisions de justice. Le dossier du silo à grains de Ducos continue ainsi de cristalliser des enjeux à la fois agricoles, environnementaux et juridiques, dans un contexte plus large de débat sur l’aménagement du territoire en Martinique.
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