Le gouvernement a demandé à ses préfets de départements et régions d’outre-mer dits DROM de prévenir acteurs économiques et opinion publique que les prix des carburants vont fortement augmenter le 1er avril en raison de la flambée des cours des hydrocarbures consécutive à l’attaque américano-israëlienne de l’Iran.
Le Super sans-plomb fait un bond de 17 centimes par litre et le gazole de 31 centimes par litre au 1er avril.
Le communiqué préfectoral indique que “les cotations internationales du brut, du sans-plomb et du gazole raffinés sont en nette hausse, respectivement de 38%, 40% et 59% au cours des quinze premiers jours de mars par rapport aux quinze premiers jours de février”. Heureusement que les prix des carburants sont réglementés dans les pays dits d’outre-mer. Les marges de la Sara et de la distribution seront maintenues, a juré le Préfet. Mais les prix à la pompe ne seront pas bloqués Les mesures de soutien à l’économie -il est vrai limitées- décidées en France, seront appliquées en Martinique pour les agriculteurs, les pêcheurs et certains transporteurs.
La réalité est que la guerre en Iran et le blocage du détroit d’Ormuz où passe, dit-on, 20 % du pétrole mondial ont déclenché une spirale de hausses du pétrole, du gaz liquéfié naturel et d’autres matières premières, la chute des bourses, un regain d’inflation. Ce choc économique international est susceptible de provoquer un recul de la croissance économique, notamment en France et donc dans ses possessions dites “ultramarines”. Et en conséquence une baisse de l’emploi.
La Martinique reste aux prises avec la vie chère et dépendante des importations pour ses consommations essentielles qui risquent de subir une majoration conséquente du transport maritime.
En Martinique, les municipales ont révélé une vive aspiration au changement de nos compatriotes se traduisant certes par l’élection de 12 nouveaux maires, mais par une forte demande à voir les élus municipaux prendre en charge leurs besoins essentiels. A Fort-de-France par exemple, malgré la réélection étroite du Maire sortant, l’exigence de changement est montée impétueusement.
Le voudront-ils ? Et le pourront-ils s’ils le veulent vraiment ? L’Etat français est impécunieux, étranglé qu’il est par une dette abyssale qu’il essaie de transférer notamment sur les collectivités et sur le rationnement des services publics.
Sans être des oiseaux de mauvais augure nous devons nous préparer à une vague de hausse du coût de la vie dans les jours et semaines qui viennent.
En l’absence de pouvoirs de décision locaux dont les Maires et élus territoriaux ne disposent que de manière parcimonieuse, il nous appartient d’exiger que ceux qui décident pour nous à Paris et aussi à Bruxelles se rappellent que les sociétés des régions dites ultrapériphériques sont fragiles économiquement, affectées d’inégalités sociales considérables et frappées par une précarité et une pauvreté sévères.
C’est l’heure de leur attribuer un vrai bouclier contre les turbulences qui arrivent déjà et vont déferler sans nul doute.
Nous avons des capacités de création, d’initiative, d’anticipation qu’il faut booster. L’heure est venue d’opérer une rupture pour changer enfin de modèle de développement pour aller vers une dynamique plus autonome.
An nou pran douvan avan douvan pran nou.
An nou sanblé !





