Grève à la Prison de Ducos : Les agents de l’UFAP-UNSA Justice dénoncent une extraction risquée

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Mobilisation des agents pénitentiaires

Depuis le vendredi 6 février, les agents du centre pénitentiaire de Ducos sont mobilisés pour dénoncer l’escorte d’un détenu classé 4 sous la surveillance de seulement trois agents pénitentiaires. Affiliés à l’UFAP-UNSA Justice, les agents ont bloqué les accès de la prison jusqu’à nouvel ordre. 

Dans un communiqué, l’Union Fédérale Autonome Pénitentiaire- Union Nationale des Syndicats Autonome (UFAP-UNSA) Justice a alerté sur une décision lourde conséquence : “Un détenu classé escorte 4 a été extrait sous la surveillance de seulement trois agents pénitentiaires. Cette extraction s’est déroulée sans renfort adapté avec un refus explicite de prêt de main-forte des forces de sécurité intérieure, pourtant sollicitées. Cette situation constitue une mise en danger manifeste et inacceptable de la vie des personnels, d’autant plus grave qu’elle intervient dans un contexte où chacun connaît désormais les risques mortels liés aux extractions mal dimensionnées.

Un transfert aussi risqué pour le syndicat fait écho au drame d’Incarville du 14 mai 2024. Un commando lourdement armé avait attaqué un fourgon pénitentiaire à un péage lors du retour de l »extraction judiciaire d’une personne détenue du tribunal de Rouen vers une prison à Evreux. Deux agents pénitentiaires avaient été tués lors de l’évasion de l’individu Mohamed Amra.

Le syndicat précise que “toute mission d’extraction soit planifiée en tenant compte du niveau de dangerosité du détenu, du degré de sensibilité de la mission et de l’environnement dans lequel elle s’inscrit”.

Toujours selon le syndicat, les pays dits d’Outre-mer ne disposent pas d’équipes d’Équipes Régionales d’Intervention et de Sécurité (ERIS). “L’administration en a parfaitement conscience. Pourtant, elle continue d’imposer aux personnels Ultramarins des missions de très haut niveau de dangerosité sans leur donner les moyens qui peuvent exister dans l’Hexagone. Cette différence de traitement est inacceptable. Elle crée une rupture d’égalité dans la protection des agents et envoie un message intolérable !”, dénonce le communiqué.

La mobilisation a fortement perturbé les audiences judiciaires vu qu’aucune sortie ni extractions de détenus n’a été réalisée. La direction régionale de l’administration pénitentiaire de l’outre-mer et les agents ont eu plusieurs échanges autour de l’organigramme et des moyens humains alloués à l’établissement. Le centre pénitentiaire de Ducos fait déjà face à une importante surpopulation carcérale.

Une situation d’autant plus préoccupante que les agents dénoncent.

Les agents ont accepté de lever les barrages, mais la prison tourne au ralenti depuis plusieurs jours.

J-PM