Centre hospitalier Maurice Despinoy : une situation financière toujours fragile mais en amélioration

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Le Centre hospitalier Maurice Despinoy reste confronté à une situation financière fragile, marquée par un déficit pointé dans un récent rapport de la Chambre régionale des comptes. Si la juridiction alerte sur des déséquilibres persistants, la direction de l’établissement se veut toutefois rassurante, affirmant que les efforts engagés commencent à produire des résultats et que la trajectoire financière s’améliore progressivement.

La situation budgétaire du Centre hospitalier Maurice Despinoy reste sous surveillance. Dans un rapport récent, la Chambre régionale des comptes de Martinique met en évidence des difficultés persistantes, malgré les efforts engagés pour redresser les finances de cet établissement spécialisé en psychiatrie. Selon la juridiction financière, l’hôpital affichait en 2024 un déficit de 5,4 millions d’euros, hors aides exceptionnelles. Parmi les principales causes évoquées figure la hausse continue de la masse salariale, passée de 70,6 millions d’euros en 2020 à 87,4 millions en 2024, pesant lourdement sur l’équilibre budgétaire.

Des évolutions dans l’offre de soins

Malgré ce constat préoccupant, le rapport souligne également des avancées. L’établissement a notamment renforcé son organisation avec le déploiement d’une dizaine d’équipes mobiles de psychiatrie, destinées à améliorer le suivi des patients sur l’ensemble du territoire. La Chambre note aussi que la capacité d’accueil, rapportée à la population, reste comparable à celle de la France, même si la durée moyenne d’hospitalisation demeure plus élevée en Martinique. Elle pointe toutefois plusieurs axes d’amélioration, notamment en matière de pilotage et d’organisation interne, ainsi que la proportion importante de soins sans consentement.

Une direction qui se veut rassurante

Quelques jours après la publication du rapport, la direction de l’établissement a tenu à nuancer ce diagnostic. Sans contester les difficultés, elle affirme que la situation s’améliore progressivement depuis plusieurs années. Elle explique notamment que l’augmentation de la masse salariale s’inscrit en partie dans le cadre des mesures du Ségur de la santé et du développement de nouvelles activités de soins, soutenues par l’État et l’Agence régionale de santé. La direction met également en avant une réduction du déficit structurel, passé d’environ 7,5 millions d’euros à 4,5 millions, traduisant selon elle une trajectoire de redressement engagée.

Si des fragilités demeurent, l’établissement entend poursuivre ses réformes pour stabiliser durablement ses finances, tout en continuant à moderniser la prise en charge des patients en psychiatrie.

M.C