Municipales 2026 en Martinique :  Relative stabilité au 1er tour. Mobilisation nécessaire au second tour pour le changement

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C’est un fait. Malgré une abstention en baisse par rapport à 2020 et en hausse par rapport à 2014, l’élection municipale demeure un rendez-vous démocratique important pour les citoyens(es) martiniquais.

Car ils attendent beaucoup de leurs édiles face aux difficultés qui les assaillent. Et le contexte de tension guerrière au plan international ne peut qu’accroitre leurs inquiétudes et leurs angoisses. De plus, la percée de l’extrême droite néofasciste en France ne saurait qu’obscurcir le proche avenir avec la perspective d’une bascule politique terrible de la France en 2027. La vigilance s’impose.

Le fait politique majeur de ces municipales en Martinique : la stabilité paraît l’emporter sur les pronostics de changement radical.

Plusieurs communes ont reconduit ou confirmé des équipes locales avec des scores très élevés, parfois supérieurs à 60 % : vingt maires réélus ou élus au 1er tour.

En effet ce scrutin met en évidence deux situations politiques.

La première correspond aux communes où la domination électorale est nette :  20 maires élus sur 34.

La seconde concerne les communes où les forces politiques sont plus dispersées, voire divisées. Dans ces villes, aucune liste ne parvient à franchir la barre des 50 %, ouvrant le jeu des alliances, des fusions de listes, des recompositions politiques et des reports de voix imprévisibles. 9 triangulaires et 4 quadrangulaires possibles.

Par exemple, Fort‑de‑France est une capitale politique beaucoup plus en recherche d’une alternance politique qu’en 2020.

Didier Laguerre est à 43,63 %, loin des 50 % de la majorité absolue des exprimés, tandis que ses adversaires totalisent respectivement : Carole-Bellay est à 22,30 %, Moreau-Petitot à 21,30 % et Jos-Péyi-a à 10,36 % (source : France-Antilles du 16/03/2026). L’électorat foyalais est singulièrement fracturé. L’invocation de “papa Césaire” ou de son “âme” et de la “reconnaissance” à ses successeurs ne suffisent pas à calmer les impatiences sociales montantes.

Au moment où ces lignes sont écrites, on ignore quelles seront les stratégies du second tour dans la ville capitale. Certes le maire sortant Didier Laguerre arrive en tête, mais plusieurs listes concurrentes réalisent des scores importants, ce qui traduit la montée d’une forte opposition et l’aspiration à une nouvelle gestion soucieuse d’une justice sociale plus affirmée. Il ne suffit pas de se vanter d’avoir rétabli des finances enfoncées par plus de 10 ans de gabegie et d’incurie.

Dans plusieurs communes, la question de la succession des maires sortants est en balance même lorsque l’héritier politique désigné arrive en tête au premier tour. Il est difficile de pousser à l’abri d’un Mahogany.

Des ballottages révélateurs ont créé des surprises aux Trois-Ilets, aux Anses d’Arlets, au Morne-Rouge, etc. L’heure du changement pourrait être arrivée.

Dans plusieurs communes, les listes arrivées en tête frôlent la victoire dès le premier tour sans parvenir à franchir le seuil décisif de la majorité absolue.

Ces situations ouvrent des seconds tours où les négociations entre listes, les désistements et les recompositions d’alliances peuvent réserver bien des surprises politiques. Sur quelles bases ? Des promesses démagogiques ?

Quant à la participation électorale, tout en étant en progression par rapport à 2020, année du Covid, elle demeure inférieure à 2014, dernière année “normale” : les municipales restent importantes, mais elles attirent moins fortement qu’autrefois. Cela confirme un certain éloignement par rapport à la question politique. Et pourtant comment s’emparer de notre destin sinon en investissant le champ politique ?

Il faut mettre les problèmes vécus par notre peuple au centre des débats et des enjeux, car les citoyens s’intéressent à ce qui conditionne leur vie : le pouvoir d’achat, la dite “vie chère”, la transformation du climat, la sécurité, la santé, l’éducation, l’égalité entre les genres, etc. Au second tour la mobilisation est nécessaire pour le changement.