États-Unis : Jesse Jackson, figure de la lutte contre le racisme et pour les droits civiques, est mort

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Jesse Jackson, ici le 7 mai 1985 à Strasbourg à la veille de la venue de Reagan au Parlement européen, est décédé à l’âge de 84 ans, a indiqué sa famille dans un communiqué.© Marcel MOCHET / AFP

Le pasteur noir américain Jesse Jackson, ardent défenseur des droits civiques, compagnon de route de Martin Luther King et portant même ses convictions à deux reprises lors de l’élection présidentielle, est mort à l’âge de 84 ans, a indiqué sa famille dans un communiqué mardi 17 février.

Le leader des droits civiques s’est éteint, après une dernière bataille perdue contre la maladie de Parkinson. “Paisiblement”, précise sa famille qui l’entourait, au terme d’une vie de tumultes.

“L’histoire des Noirs en Amérique est l’histoire de l’Amérique, et ce n’est pas une belle histoire”, avait coutume de dire l’auteur africain-américain, James Baldwin. Compagnon de route de Martin Luther King, candidat à deux reprises (1984 et 1988) à l’élection présidentielle, artisan de tous les combats d’émancipation, le pasteur est la dernière figure d’un mouvement qui a transformé l’Amérique et dont le témoin a été repris par de nouveaux acteurs, de Black Lives Matter à la “génération Sanders”.

Militant aux côtés de Martin Luther King

Jesse Jackson est un fils du Sud, de cette terre de l’ancienne Confédération qui, après la guerre de Sécession, avait substitué la ségrégation à l’esclavage. Greenville, en Caroline du Sud, est une terre hostile pour un jeune Noir, qui plus est, né (en 1941) hors mariage.

Le racisme le poursuivra à Chicago où, pourtant excellent élève et prometteur joueur de football américain, il renonce à poursuivre ses études supérieures, pour revenir dans le Sud, à Greensboro (Caroline du Nord), dans une université noire.

C’est là qu’il commence une deuxième vie : celle de militant qu’il entame aux côtés de Martin Luther King (MLK). Impressionné par ses capacités d’organisation, ce dernier lui confie des responsabilités au sein de la Southern Christian Leadership Conference, l’organisation de défense des droits civiques qu’il a fondée à la fin des années 1950.

Le premier Noir à remporter plusieurs États

Il investit directement la scène politique avec une candidature à la primaire démocrate, où il fait revivre l’ambition née à la fin des années 1960 d’union de toutes les organisations des droits civiques : une “coalition arc-en-ciel”.

Il est le premier Noir à remporter plusieurs États (dans sa Caroline du Sud natale comme en Virginie ou en Louisiane) mais ne terminera que troisième, avec 21 % des suffrages exprimés, son élan étant coupé par des accusations d’antisémitisme.

Il entame une seconde campagne, armé d’un programme très à gauche, en pleine ère reaganienne, dans lequel se retrouvent à la fois Mohamed Ali et un maire presque anonyme d’une petite ville du Vermont, Bernie Sanders.

En 2008, à Chicago, sa ville d’élection, ses larmes lors de l’élection de Barack Obama deviennent un message politique en elles-mêmes. Elles sécheront pourtant à l’expérience de l’exercice du pouvoir par le premier président noir.

Source : Humanité