L’AMEP est en grand danger, selon la CGTM et l’UGTM

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Le personnel de l’AMEP prépare la mobilisation du 26 février

Vendredi 20 février, une intersyndicale composée de la CGTM et de l’UGTM a tenu une conférence de presse à  la maison des syndicats, pour évoquer le destin de l’école de l’Association Martiniquais de l’Education Populaire (AMEP). Une importante mobilisation est prévue le jeudi 26 février devant l’établissement.

Plus d’une trentaine de personnes dont des enseignants, des membres du personnel, des parents d’élèves, et même des étudiants étaient présents pour écouter les alertes de la CGTM et de l’UGTM sur l’avenir de l’AMEP.

Nous reprochons à la direction l’opacité dans laquelle nous sommes”, dénonce William NISIMA, professeur et membre de l’intersyndicale. Il poursuit : “Les informations que nous avons certes ne sont pas attestées, mais elles sont corroborées à ce que nous vivons tous les jours et nous voyons que la situation se dégrade. L’AMEP est de moins en moins capable d’assumer ses obligations. Financièrement, c’est difficile de payer nos salaires, la direction demande aux salariés de patienter, la mise en place de moyens de sécurité est repoussée. La dette sera payée, mais nous n’avons aucune certitude sur cel. Mais si les fournisseurs se plaignent de retards de paiements, je me demande comment on pourra payer une dette de l’ordre de 300 000 €.

Selon l’intersyndicale, la dette était d’environ 3,5 millions d’euros lorsque le plan a été décidé en 2019. Aujourd’hui, la moitié a été payée, sauf qu’à partir de cette année, les échéances vont augmenter : “Au lieu de 7 %, on va passer à 12% et l’année prochaine 13%. L’engagement financier sera deux fois plus. Or nous avons eu du mal à payer les dernières échéances selon les dires de la directrice lors du dernier conseil que nous avons eu”, conclu William NISIMA.

L’AMEP va-t-elle disparaître ?

C’est ce que redoutent le plus les enseignants et les agents. Ils dénoncent un manque de réponse de la direction et un manque de visibilité. C’est en ce sens que la CGTM et l’UGTM se mobilisent : “C’est ce que nous craignons et aujourd’hui, nous n’avons aucune information qui peut nous prouver le contraire. Si nos inquiétudes ne sont pas fondées, donnez-nous les éléments qui nous permettent de voir que nous nous trompons et je serai le premier à présenter mes excuses, mais lorsque les collègues nous disent qu’ils ont eu du mal à être payés ainsi que d’autres problèmes, ça veut dire que la situation s’aggrave. De ce fait, nous nous devons de nous mobiliser et d’interpeller la direction” souligne le syndicaliste.

De plus, l’intersyndicale nous apprend que les derniers comptes de l’AMEP qui sont à leur disposition datent de 2021/2022.

Un audit a été réalisé par l’administratrice qui conclut à deux solutions : la mort dans quelque temps ou la mort tout de suite. Nous ne demandions pas le départ de la directrice, nous voulons une rationalisation du modèle de gestion, le modèle économique actuel n’est pas bon, il faut le changer. Si maintenant, il y a obstruction au changement, nous irons demander le départ de ceux qui empêchent le changement de modèle”, alerte William NISIMA.

La vente des biens de l’AMEP a été évoquée, sauf que cela va mettre en danger l’école et assurer sa disparition. “Ce patrimoine donne une valeur à l’AMEP, si vous vendez ses biens, vous allez vous démunir et vous n’aurez plus rien en cas de danger, il n’y aura plus de garantie. On ne peut pas le faire, car les biens de l’AMEP sont inaliénables. Pour les vendre, il faut que la personnalité morale de l’AMEP n’existe plus !”.

D’après ses dires, la directrice aurait confié être en discussion avec la CFDT et un autre syndicat de l’AMEP. 

Des disparités de revenus entre les différentes professeurs de formation

L’AMEP est dotée d’un lycée, mais aussi d’un CFA qui serait en grande difficulté. Selon le délégué syndical de la CGTM Education Harry Pulval-Dady, le CFA ne voit pas le retour sur investissement malgré des millions générés : “Les salaires sont trop bas. Ce n’est pas possible qu’en 2026, j’ai des collègues payés 12€ de l’heure brut ! Lorsqu’on demande du matériel pour travailler dans les ateliers, la direction nous dit que ce n’est pas possible alors que le CFA a fait rentrer de l’argent. Nous reprochons le mépris envers le personnel du CFA. Par exemple, entre 2023 et 2025, nous avons facturé aux Opérateurs de Compétences (OPCO) près de 5 millions d’euros. Nous avons pour l’instant obtenu 3 millions, donc nous allons bientôt recevoir le reste. Mais sur ces trois millions, nous enlevons les charges fixes du CFA qui sont de 700 000€ annuels. Il reste de l’argent donc on ne devrait pas nous dire qu’il n’y a pas d’argent. Ou est passé l’argent du CFA ?

La mobilisation s’intensifiera dès le jeudi 26 février. Le personnel syndical ainsi que certains parents d’élèves et étudiants.  souhaitent obtenir des réponses et avoir plus de visibilité sur l’avenir de l’AMEP.

J-PM