
La semaine de Carnaval a occulté l’annonce le vendredi 13 février par le président de la Collectivité territoriale de Martinique, Serge Letchimy, de ses grands projets de développement pour la Martinique.
Si on se fie au journal France-Antilles du 16 février 2026, c’est-à-dire lundi gras des mariages burlesques, il aurait réuni les acteurs économiques le 12 février pour présenter “une quinzaine de grands projets d’aménagement, de transport, d’infrastructures économiques, culturelles et touristiques pour les trois à cinq années qui viennent, pour un montant d’environ 3 milliards d’euros”. France-Antilles glisse perfidement : “Audace créatrice, rêve ou testament ? A quelques jours de la décision de justice le concernant dans l’affaire de sa retraite illégale”. Et de rappeler en note les réquisitions de l’accusation contre Serge Letchimy, Didier Laguerre, Yvon Pacquit et Max Bunod.
La réalisation de ces mirifiques projets ne sera possible, aurait insisté le PCE, “qu’à condition que les investisseurs privés se mobilisent dans le cadre de partenariats avec le secteur public”.
Il s’agira, expose France-Antilles, de créer quatre zones franches douanières qui seraient “un outil logistique, industriel et fiscal pour les entreprises”. Il est souligné que le principe de la création de zones franches particulières pour la Martinique a été approuvé par le Comité interministériel des Outre-mer en 2023. Le permis a donc été donné par la puissance tutélaire.
Sont annoncés simultanément des liaisons par transport, l’extension du TCSP, la construction d’un aérodrome à Basse-Pointe, la création d’un marché d’intérêt régional, la restructuration de l’usine du Galion, un projet d’éolien offshore, de grands projets hôteliers, au Diamant, aux Trois-Ilets, au Carbet (ex-Marouba, un espace muséal à Desclieux, un conservatoire de musique un musée des civilisations et cultures caribéennes une salle modulable de spectacles. Et tout cela serait déjà préparé et “être au niveau de l’appel d’offres au début de chantier ou fin de chantier”. Il ne resterait plus qu’à convaincre les “investisseurs privés” (capitalistes).
France-Antilles du 16/02/2026 publie à titre d’illustrations de son article : “CTM : de grands projets de développement” des photos de maquettes des projets : espace muséal Desclieux, hôtel logistique de Mangot-Vulcin, liaison interzones entre les pôles économiques de Dillon-Champigny, aérodrome de Basse-Pointe.
Antilla du 13/02/2026, sous la signature de Philippe Pied et de Gérard Dorwling-Carter, fait pour sa part une présentation très détaillée et chiffrée du grand plan Letchimy. Il est résumé comme suit :
“Un écosystème intégré au service de la compétitivité
Cette stratégie globale vise à structurer un écosystème économique complet articulé autour de quatre piliers :
– Logistique stratégique (plateformes portuaires, ZFD, hôtel logistique)
– Développement industriel (transformation locale, export régional)
– Mobilité structurante (liaisons interzones, TCSP, infrastructures routières)
– Attractivité territoriale (golf, équipements culturels, tourisme haut de gamme)”.
Pour Antilla, “la CTM impulse, le privé investit”. Vision très néolibérale. Or seul motif pour investir dans l’actuel système, c’est le profit espéré. En supprimant les taxes par les zones franches, on espère maximiser le taux de profit. A voir.
Combien d’emplois créés ou visés ? Mystère.
Que deviendra ce projet pharaonique ? Pour l’heure il n’est pas interdit de rêver.
La Martinique en réalité a impérieusement besoin d’une planification démocratique pour sortir de la logique “appauvrissante” de l’import-consommation.
Michel Branchi
